"Madness? This is Sparta!!"
J-10. La tension est palbable chez les mordus d'histoire, les amoureux de comics et les cinephiles jusqu'au-boutistes. Et chaque aficionado de verifier qu'il n'a pas rate de nouveaux trailers, qu'il a bien relu ces cinq joyaux de chez Dark Horse Comics, qu'il a bien revu The 300 Spartans, ce summum du 7eme art, cette somptueuse bouse peplomo-erotico-montypythonesque ou Richard Egan dispute a Diane Baker le titre des jambes (et de la moustache) les plus mal rasees du cinema des annees soixante. Dehors, le "slit" balaye les trottoirs londoniens, comme si la nature courroucee s'etait mis au diapason de cette anxiete collective.
Car les questions abondent. Zack Snyder aura-t-il su capturer l'essence du genie de Frank Miller sur le grand ecran comme Robert Rodriguez l'avait si bien fait pour Sin City? Gerard Butler le fera-t-il a mort en Leonidas bodybuilde avec sa barbe de clodo irlandais et sa balafre d'Albator? Lena Headey mettra-t-elle un terme a la folle surenchere hollywoodienne de "la -nouvelle-inconnue-encore-plus-bonnasse-que-l'inconnue-du-film-d'avant"? Arrivera-t-elle seulement a la cuisse, pardon a la cheville, de Kiera Knightley en Guinevere survoltee dans "Arthur"? Le film sacrifiera-t-il a la realite historique dans ses plus infimes details afin de ne pas decevoir ce public de connaisseurs que constitue le teenager americain moyen. Lui qui, entre deux renvois coca-colates, place Sparte dans le Kentucky et n'est pas trop sure de qui les Perses etaient, si ce n'est qu'ils ressemblent vachement a des Irakiens, et que de toute maniere, ils se seraient pris une branlee par Norman Schwarzkopf, si seulement ce dernier avait ose porte une jupette.
Bref colossal defi qui attend "300" au tournant. Pour mieux en saisir toute la portee, retour sur image. 480 av JC. Un conseil de guerre se tient a Corinthe, preside par les Spartiates, ces maboules surdoues, dont le leg a l'histoire inclue, dans le desordre, l'un des premiers systemes politiques democratiques fonctionant, un mode d'education que ne renierait pas Philippe B., le laconisme, si cher a notre Tude, et sans doute l'une des armees les plus couillues qui aie existe a l'ouest des Alpes. L'heure est grave: Xerxes I veut reussir la ou on pere Darius (poil au nez) s'est lamentablement plante: laminer les Grecs. La rumeur (et Herodote) parle de 2,6 millions de combattants perse. Les Grecs, au nombre de 5000, font pas dans leur bennes (d'ailleur, ils en portent pas) et se portent vaillamment au devant de Xerxes pour bloquer son avancee dans le passage des Thermopyles. Pourquoi avoir envoye une force si mice? Visiblement, les Grecs attendaient la fin des Jeux Olympiques (sic). "He les gars, y'a pas quelq'un pour partir au charbon?" "Ecrase, y'a du rugby a la tele". Donc 5000 seulement furent-ils a partir.
Je passe rapidement sur la bataille elle-meme: les hoplites forment la phalange, les perses viennent s'embrocher sur les lances grecques, boucherie, ils changent leur arc d'epaule et utilisent leurs archers plutot que leur cavalerie, re-boucherie, etc, etc…Comprenant qu'un sacrifice general est inutile, Leonidas rassemble ses 300 Spartiates et renvoie les autres grecs se reposer et se reorganiser derriere le front. Lui et ses hommes restent. 300 contre plus de 2 millions. Connaissant d’avance le résultat de la bataille, Leonidas selectionne ses hommes selon l’age de leurs fils pouvant alors prendre en charge leur famille (a sa femme Gorgo, lui demandant ce qu’elle devait faire en son absence, Leonidas repond: "prend un homme bon pour epoux et ait des enfants" - le ton est donne - et la si Tim a pas pas encore tache son slip HOM, moi je suis Jules Cesar). Toujours en verve, Leonidas retorque par la suite a un emisaire de Xerxes qui lui intime l'ordre de se rendre: "Viens nous chercher" (sic). A l'un de ses soldats qui remarque nonchalament que les fleches perses sont si nombreuses qu'elles obscurcissent le ciel, Xerxes replique, toujours pince-sans-rire "Tant mieux, nous combattrons a Londres, pardon a l'ombre".
Bref, Ctesias rapporte que pour 10000 Perses tues, seulement une poignee de Spartiates cassent leur pipe au debut du combat. Xerxes est donc un peu venere et sent que sa petite sauterie tourne au vinaigre quand la providence lui envoie son judas iscariote: un deserteur du nom d'Ephialtes, qui vient trahir ses potes et indique a Xerxes un passage sur le flanc des Spartiates, defendu par 1000 Phociens (des allies des Spartiates, mais grosses souzes devant l'eternel). Xerxes trouve l'ouverture et s'engouffre, tel Brian O'Driscol dans la ligne italienne. Il encercle les Spartiates, dont aucun ne se rend. Aujourd'hui encore, le mot "Ephialtes" est synonime de "cauchemard" et de "traitre" chez les grecs.
Il existe deux monuments sur le lieu de la bataille. Le premier epitaphe dit:
"Go tell the Spartans, passerby,
That here, by Spartan law, we lie"
Et le second, tout aussi mythique:
"Come and take them"
Le 30 Mars, je sais ou je serai.
Alex
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
1 commentaire:
Le KOB, tu es sur de pouvoir m'attendre pour voir ce film. Je ne t'en voudrai pas, ce texte sera ton mot d'excuse. The Tit
Enregistrer un commentaire