lundi 12 février 2007

On vient, on gagne et… vous connaissez la suite…

Très, très gros match de rugby dimanche dernier au Croke Park de Dublin (Irlande, pour les souffreteux du bulbe)!! Que ceux qui ont raté ce grand moment s’auto-châtient en s’agrafant les couilles avec des électrodes, car un spectacle tel que celui-ci, ils ne sont pas prêt d’en revoir un de sitôt!!!

Sur le terrain du Croke Park, battu par un vent à décorner les mules, les verts et les bleus nous ont régalé d’une recette que nous pensions perdue à jamais, égarée dans les grimoires poussiéreux des druides celtiques : Le rugby total!

Le rugby total, pour ceux qui ne seraient pas encore bien familiarisés avec le concept, c’est quand il y a de tout, partout, tout le temps et en abondance. Et il y en a eu, de tout !!!
Des charges chabalesques, des plaquages betseniens, des prises de balles en touche oconnelliennes et des crochets d’arcéens ! Mais aussi, des « petits taureaux » ibanezards et des petits tas munsteriens, ou encore des relances poitrenesques et des coups de pieds ogaresques ! Comment oublier enfin les drops beauxissois et les soutiens wallaciens, le tout pour un suspense hitchcockien (mais si, mais si, le numéro 19 !!!) et une rencontre dantesque !

Dantesque, oui, c’est bien le mot, tant on avait promis l’enfer au XV de France pour la première représentation d’un sport démoniaque, puisque d’origine anglaise, dans l’antre de la très irlandaise Gaelic Atheltic Association !!! Mais dimanche, le diable n’était plus aussi vert que d’habitude. Et les korrigans non plus d’ailleurs, puisque c’est finalement le petit lutin bleu, Vincent Clerc, qui « sortit de sa boîte » pour planter l’essai le plus satanique de la rencontre, à la dernière minute du temps réglementaire. Ainsi fût punie, de la plus cuisante des manières, la très catholique nation irlandaise, elle qui a détourné son regard, quatre-vingt minutes durant, de la soutane maculée de Guinness de Saint Patrick pour adorer des veaux d’or (même si en Irlande, ce serait plutôt des moutons!) pendant que B.O.D. était parti chercher les Tables de la Loi du Jeu tout en haut du mont Sinaï de la tribune (car « BOD is GOD » bien sûr !°)!

Mais refermons pour un temps cette métaphore filée qui fout un peu la gerbe et revenons à nos moutons précisément.
Comment le XV de France a-t-il pu gagner ce match ? Et comment les Irish ont-ils pu, pour la troisième année consécutive, vendanger une nouvelle fois le grand chelem que l’on leur prométhée! C’est à se bouffer la rate !!!

Plusieurs explications à cela ! Le melon tout d’abord, et le problème du « favoritisme » ! L’équipe de France et l’équipe d’Irlande se ressemblent beaucoup finalement ! En fait, toutes les équipes se ressemblent, à part les All Blacks et les Anglais, les All Blacks parce qu’ils sont tout le temps hyper forts sauf en coupes du monde, et les Anglais parce qu’ils sont toujours hyper cons… même en coupes du monde!
Pour les autres, c’est bonnet blanc et blanc bonnet : Au rugby, quand on est favori, on prend le melon, et quand on prend le melon, on avance moins vite (car il est plus contraignant de courir en portant son melon, c’est de la physique de base !). On mets moins la tronche, on joue plus pépère, plus « champagne »… Et au final, on finit par tomber sur des « morts de faims », qui certes ont deux paires de ciseaux à la place des mains, mais finissent quand même par vous démolir la face comme ils l’ont fait de la porte des vestiaires à qui ils ont filé chacun 233 coups de casques en guise d’échauffement.

C’est un peu ce qui s’est passé dimanche. L’Irlandais devrait pourtant connaître depuis longtemps ce vieil adage de l’ovalie : « Méfie toi d’une équipe de France qui n’est pas favorite »… Il faut croire que non. Mais cette maxime s’est vérifiée une fois de plus. Et c’est un début de match tonitruant qu’a livré le XV de France ! Peut-être un peu trop tonitruant d’ailleurs, tant il semblait manquer de forces à la fin de la rencontre.
Or c’est à ses entames de match que l’on reconnaît le XV de France (exception notable, qui confirme la règle, de la demi-finale France-NZ de 1999). C’est dans les cinq premières minutes que l’on sait s’ils sont morts de faim ou morts de trouille!!! Et les cinq premières minutes du match de dimanche n’ont trompé personne ! La France était chez elle au Croke Park !

Ensuite, comme souvent en Irlande, le vent a tourné et la « Red Army » du Munster qui compose à 90% le pack de l’équipe du trèfle, a choisi de se reconcentrer sur ce qu’elle savait faire, cette recette gagnante qui lui avait permis de tordre l’un des plus gros packs du championnat de France en finale de Coupe d’Europe l’année dernière. Elle s’est donc mis à proposer un terrible combat aux avants français ! Mais si 1916 marque la proclamation de la première république irlandaise, il évoque pour les Bleus le terrible souvenir de la plus grande bataille de tous les temps : Verdun ! Et comme pendant la Grande Guerre, dans l’enfer des tranchées, les Français ont sorti les barbelés et, tel François Pignon dans le dîner de cons, ont dit : « On ne passe pas ! »

Une mi-temps de défense héroïque plus tard, c’est le jaillissement que l’on connaît de Vincent Clerc qui offre à la France une victoire méritée, arrachée de haute lutte, mais gagnée avec le cœur et les tripes ! Alea jacta est !

Le sort du match aurait pu basculer bien sûr, d’un côté comme de l’autre, mais n’est-ce pas cette indécision (je ne parlerais pas de la « glorieuse incertitude du sport » de peur de m’attirer railleries et quolibets) qui fait la beauté et la magie des plus grands matches !

Justice soit rendue au XV de France : Finalement, ce magnifique drop de Lionel Beauxis, renvoyé par le poteau de Croke Park, comme un maléfique coup de pouce du stade à son équipe, ne méritait pas d’entrer dans l’histoire comme l’action qui aurait pu nous faire gagner le match !

Aucun commentaire: